"L'oeil qui ne s'endort jamais" est l'intitulé d'un recueil de nouvelles paru dernièrement sous la plume de Noureddine Amir.
Dix nouvelles écrites en arabe par une main qui mélange habilement les styles, une plume tantôt légère, tantôt acerbe, voilà ce que nous offre Nourredine Amir avec ce recueil de nouvelles sorti des imprimeries Annajah Al Jadida à Casablanca.
La première qui donne son titre au recueil s'intitule "l'£il qui ne s'endort jamais" évoque la condition d'un veilleur de nuit, ses douleurs intérieures, ses désillusions, ses frustrations, les servitudes du métier et surtout son regard sur le monde qui l'entoure.
A travers ce personnage très commun dans la société marocaine, le narrateur décrypte les relations humaines et stigmatise la lâcheté des uns et l'hypocrisie des autres. Il épingle sans concessions les travers de la société.
Dans cette nouvelle comme d'ailleurs dans la plupart des autres, l'auteur qui truffe parfois ses phrases par des mots et des expressions en dialecte typiquement du terroir, comme pour mieux soutenir la réalité et exprimer la drôlerie de la situation jusqu'à susciter parfois l'hilarité, nous entraîne dans les méandres de la vie dans un passé pas si loin que ça, à Casablanca, on y retrouve les senteurs d'antan, des habitants familiers, et tant d'autres choses vues. Autre nouvelle dans ce recueil de 124 pages, "L'enquête" qui raconte les tribulations d'un rédacteur en chef qui pour booster les ventes de son journal décide de faire une enquête par immersion en se glissant dans la peau d'un mendiant et qui découvre très vite que la manche paye mieux que la plume ! Un constat amer et désolant pour dire les fragilités et les aléas de la profession. Les huit autres nouvelles s'intitulent "les rats qui se suicident et ne meurent point", "la clé de l'échelle 10", "L'ordre et le désordre", "Vengeance de Omar assassiné à la fleur de l'âge", "Le chat du charbonnier", "Obsèques d'un chien" ou encore "Le sifflet".
Lauréat de l'Institut Supérieur du journalisme à Rabat en 1980, Noureddine Amr est un ancien journaliste de l'Agence Maghreb Arabe Press (Map). Il a déjà publié un roman "la Malédiction de la terre" (Ed. Fajr Essaâda-1985).
Actuellement, il prépare un troisième opuscule, fruit de son séjour à Rome où il a été chef du Bureau International de la MAP entre 1995 et 2005.
MAP