L'année 2007 est celle "de la rupture positive sur tous les plans" avec une tendance à l'équilibre de la balance des paiements et au ralentissement de l'inflation, en dépit d'un environnement international potentiellement instable, a indiqué mardi à Rabat M. Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib (BAM).
Pour l'ensemble de l'année 2007, le taux d'inflation s'est établi à 2 pc au lieu de 3,3 pc l'année précédente et l'inflation sous-jacente a atteint 1,7 pc contre 3,1 pc en 2006, a précisé M. Jouahri lors d'une rencontre avec la presse pour la présentation du bilan annuel de BAM.
Selon lui, l'inflation à l'horizon du 3ème trimestre 2008 devrait rester en ligne avec l'objectif de stabilité des prix, avec une prévision moyenne de 2,3 pc, dans l'hypothèse de la non matérialisation d'un ou de plusieurs facteurs de risques.
Ces facteurs de risques, a-t-il expliqué, sont essentiellement liés aux incertitudes accrues sur le marché international concernant l'évolution des prix des hydrocarbures et de ceux des produits et des matières premières agricoles et à la volatilité des marchés monétaires et des changes.
Les principales incertitudes sont aussi inhérentes aux perspectives d'évolution de la production et des revenus, et à la poursuite de la progression rapide du crédit bancaire.
De même, les pressions à la baisse sur le dollar ont des effets importants sur les porte-feuilles financiers qui pourraient se traduire par une plus grande volatilité des flux de capitaux, a noté le gouverneur de BAM.
Ces risques sont également liés à l'impact du ralentissement de l'activité économique chez les principaux partenaires du Maroc, à l'accentuation des tensions inflationnistes dans les pays de l'OCDE et en Chine, où l'augmentation des pressions pourraient entraîner une accélération des prix des biens de consommation qui jouent un rôle modérateur sur les prix à l'importation du Maroc.
A ce propos, une réflexion sera engagée dans les meilleurs délais avec les partenaires externes afin de renforcer le dispositif informationnel sur les salaires, le prix des actifs immobiliers et sur les achats, la situation économique et les anticipations de prix et d'emploi des consommateurs, a indiqué le gouverneur de Bank Al-Maghrib.
Quant à l'indice du coût de la vie, il a accusé une baisse de 0,3 pc en janvier 2008 après avoir stagné en décembre 2007.
Il a d'autre part rappelé que les progrès réalisés par le Maroc en matière de stabilité et de modernisation du secteur bancaire ont été mis en exergue par la Mission conjointe du Programme d'évaluation du secteur financier (FSAP) du Fonds Monétaire international et de la Banque mondiale qui s'est déroulée du 7 au 20 novembre dernier.
La Mission, a-t-il précisé, a conclu que le secteur bancaire marocain est stable et rentable tout en constatant la mise en conformité des banques publiques aux ratios prudentiels, comme elle a pris acte de la conformité de la supervision bancaire à la majorité des normes du Comité de Bâle.
Du point de vue conjoncturel, a poursuivi M. Jouahri, l'accélération de la croissance du crédit au secteur privé ces dernières années a reposé sur le dynamisme de l'activité économique avec l'essor des crédits de trésorerie et d'équipement et la forte expansion du secteur immobilier. Les crédits bancaires, a-t-il indiqué, ont augmenté d'environ 97 milliards de DH, soit 28,7 pc, au terme de l'année 2007 (18 pc en 2006).
Répondant à des questions de la presse sur les produits bancaires alternatifs, M. Jouahri a précisé que "les produits Ijara, Moucharaka et Mourabaha sont opérationnels", indiquant que certaines banques ont commencé à les utiliser.
L'introduction en 2007 de ces nouveaux produits intervient pour répondre aux besoins de l'économie nationale et des citoyens. Ils constituent un prolongement de ceux nouvellement créés tel que le capital-risque.
MAP