L’été semble avoir jeté l’encre avant l’heure sur la baie de Dakhla. Avec pour leitmotiv « Mer et Désert », une horde de festivaliers a depuis jeudi pris d’assaut la presqu’île du Sud qui organise la seconde édition de son festival (jusqu'au 3 mars).
Après Randy Weston, c’est au tour de Kazem Saher, Khaled et Najat Aatabou de dorer le haut de l’affiche du Festival de Dakhla, un rendez-vous culturel devenu en deux temps un incontournable du circuit festivalier.
Mais comme pour Essaouira, Fès ou encore Tanger, le festival de Dakhla est loin de se résumer à la variété rassurante (pour les organisateurs) de ses grosses pointures. Des noms moins connus du grand public mais dont la qualité et l’aventure artistique sont remarquables parsèmeront une programmation teintée de culture locale.
Il en est ainsi de Désert Rebel, qui marquera fort probablement les esprits de la soirée de samedi. En effet, on retrouve embarqué dans ce projet, Amazigh Kateb, l’impertinent trouble-fête du Maghreb qui a récemment quitté Gnawa Diffusion - un groupe en passe de devenir culte – mais qui refuse toujours de s’éloigner trop longtemps des côtes atlantiques.
A ses cotés, on retrouve un ancien membre des Manu Negra, Daniel Jamet, Guyzmo du groupe Tryo et enfin le groupe touareg du Niger Takrist n’Akla, dont le leader est Abdellah Oumbadougou, porte parole emblématique de la rébellion touarègue. Une rencontre en plus d’une éthique, celle d'associer artistes du Nord et du Sud autour d’un projet sur les cultures et les minorités opprimés.
Autre esprit rebelle présent à Dakhla, Tiken Jah Fakouly se produira dimanche soir. L’Africain sait , mieux que quiconque, raviver la flamme Marley avec un reggæ en Ivoire et une rage parfaitement canalisée.
Désobéissance sonore à l’honneur dès ce soir (vendredi) avec les trublions Mouss et Hakim. Les ex membres de Zebda s’empareront de la scène pour y distiller quelques notes d’« Origines contrôlée », un opus en hommage à la musique des immigrés d’Algérie en France.
Dakhla accueillera aussi une star mauritanienne, Daby Toure, un virtuose français du beat box, Eklips sans oublier le légendaire Tagada. Coté nouvelle scène. On signalera le retour sur scène du punk déjanté de Haoussa au coté de H-Kayne, Fes City Clan et Bleu Mogador.
Sachez enfin que la meute du Boulevard s'est déplacée à Dakhla pour titiller les jeunes talents. Ateliers et résidences d’artistes connaissent d'après Hicham Bahou co-fondateur du Boulevard un franc succès.
Le festival de Dakhla, c'est aussi du sport avec la présence confirmée de champions du monde de Winsurf et de Kite surf. Objectif. Valoriser les sportifs marocains et les talents de demain pratiquant les sports de glisse.
MAP