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International : Kenya: les pourparlers entre camps rivaux entrent dans une phase décisive
Posté par actualitedumaroc le 11/2/2008 12:08:04 (116 lectures)

Après plus d'un mois de crise politique et de violences, les pourparlers entre les camps rivaux du président kényan Mwai Kibaki et de l'opposant Raila Odinga entrent cette semaine dans une phase décisive qui pourrait déboucher, selon le médiateur Kofi Annan, sur un accord.

Les discussions, qui reprennent lundi, porteront sur "les détails" d'une solution politique que les deux parties jugent désormais "nécessaire", a indiqué vendredi M. Annan lors d'un point de presse qui a relancé l'espoir dans le pays.

Le partage du pouvoir entre les camps rivaux est la solution promue par le médiateur de l'Union africaine pour sortir de l'impasse politique provoquée par la réélection de M. Kibaki le 27 décembre. M. Odinga, ancien allié de M. Kibaki dont il a été plusieurs fois ministre, accuse ce dernier d'avoir fraudé pour lui voler la victoire lors du scrutin, entaché d'irrégularités selon de nombreux observateurs.

Cette crise politique a entraîné des violences qui ont fait plus de 1.000 morts et jusqu'à 300.000 déplacés, et mis l'économie kényane à genoux. Un arrangement pourrait intervenir en début de semaine, avait précisé vendredi M. Annan qui, le lendemain, rappelait à l'ordre les deux camps, leur demandant de ne plus organiser de fuites dans les médias sur les modalités d'un accord éventuel.

"Un accord n'est pas un accord tant que rien n'est signé", a-t-il averti dans un communiqué, ajoutant: "les fuites sélectives au milieu de négociations ne bénéficient à personne". Dimanche, M. Odinga a déclaré à des journalistes qu'il "soutiendrait une solution politique". Mais "le peuple kényan a voté pour le changement, donc nous disons que la solution doit prendre en compte les voeux du peuple", a-t-il ajouté.

De son côté, la presse kényane exhortait les deux leaders à s'entendre. "Nous devons rappeler sans relâche à Kibaki et Odinga que les conséquences d'un échec des négociations seraient trop cruelles pour le pays", écrivait dimanche l'éditorialiste du Standard.

Il semble que le médiateur de l'Union africaine veuille aller vite pour éviter un enlisement des pourparlers qui, de l'avis de nombreux observateurs, fait courir un risque d'embrasement déjà tangible sur le terrain. Dès la deuxième séance de pourparlers, le 1er février, M. Annan avait obtenu des parties la signature d'une feuille de route assortie d'un calendrier serré: les questions sécuritaires, humanitaires et politiques devaient être "réglées" dans une période de 7 à 15 jours à partir du lancement officiel des discussions, le 29 janvier.

"Je ne suis pas prêt à envisager l'échec (...). Nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer", a récemment déclaré M. Annan, dont la médiation a reçu le soutien renouvelé cette semaine du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Union européenne, par la voix du commissaire au Développement Louis Michel.

Mais pour l'heure, les discussions n'ont débouché sur aucun résultat tangible. Les mesures d'urgence recommandées en fin de semaine dernière pour mettre fin aux violences n'ont pas empêché qu'une centaine de personnes soient encore tuées dans des affrontements interethniques ou par la police dans l'ouest du pays, où une accalmie semblait néanmoins se dessiner ces derniers jours.

Dans la vallée du Rift (ouest), épicentre des violences, des conflits fonciers et ethniques latents, et jamais résolus par les gouvernements successifs, ont pris le pas sur les rancoeurs électorales. Après une visite samedi (bien samedi) dans un camp de déplacés de cette région, le responsable des Affaires humanitaires à l'ONU, John Holmes, s'est rendu dimanche (bien dimanche) dans deux autres sites, près de Nairobi, où des milliers de personnes sont rassemblées.

"Il y a un problème humanitaire très sérieux (...) et nous espérons que qu'une solution politique sera trouvée à court terme afin que la violence s'arrête", a-t-il déclaré.


AFP

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