Les présidentiables américains se lançaient lundi dans un ultime jour de campagne effrénée avant la "primaire nationale" du lendemain, qui pourrait couronner un candidat républicain, et faire d'Hillary Clinton ou Barack Obama le favori des démocrates.
Si le républicain John McCain ne cache plus son optimisme, à la lecture de sondages le plaçant largement devant son plus proche adversaire Mitt Romney, du côté démocrate le scrutin s'annonce beaucoup plus confus.
Certains sondages montrent une progression spectaculaire du jeune sénateur Barack Obama, qui semble combler l'écart avec l'ex-Première dame Hillary Clinton.
Mais outre que les enquêtes se contredisent les unes les autres, le mode de scrutin proportionnel en vigueur, combiné au système fédéral, a bien des chances de laisser chacun des deux derniers candidats encore en lice avec l'espoir d'emporter une victoire définitive aux prochaines étapes de la course.
Dimanche soir, la sénatrice de New York a voulu reconnaître "un bon présage" dans la victoire inattendue de son équipe, les Giants, en finale du championnat de football américain, le Super Bowl.
"Quelle fin de match incroyable!" s'est-elle exclamée. "Super Bowl, super mardi... on en a gagné un, allons gagner le deuxième", a-t-elle lancé en sautant de joie.
"Nous pensons que nous serons capables d'emballer (l'investiture républicaine) mardi", a déclaré pour sa part le républicain John McCain, pendant qu'il s'installait avec une bière pour regarder le match en compagnie de militants à Boston (Massachusetts, nord-est), le fief de son adversaire Mitt Romney.
Après quelques heures de trêve accordée par le Super Bowl - dont la diffusion a été parsemée dans une vingtaine d'Etats par des spots télévisés de Barack Obama - Mme Clinton est immédiatement remontée dans son avion.
Avouant un manque de sommeil et pratiquement aphone à force d'enchaîner les rassemblements, elle devait terminer la journée de lundi sur les plateaux de télévision.
Barack Obama prévoyait quant à lui de laisser ses filles à l'aube à Chicago (Illinois, nord) avant de se rendre en Nouvelle Angleterre.
Côté républicain, Mitt Romney devait consacrer ses derniers efforts à la Georgie (sud-est), John McCain à Boston et à la région de New York.
Le prochain président des Etats-Unis devrait être l'un de ces quatre candidats.
Mme Clinton pourrait devenir la première femme à la tête des Etats-Unis, ou M. Obama le premier président noir. John McCain deviendrait, à 72 ans, le plus vieux président à prêter serment lors de sa prise de fonctions en janvier. Mitt Romney serait le premier mormon à occuper la Maison Blanche.
John McCain, en délicatesse avec la frange la plus conservatrice de son parti, tente de convaincre qu'il saura "unir" des républicains désorientés au crépuscule de l'ère Bush.
Les démocrates, s'attendant déjà à devoir l'affronter en novembre, se présentent chacun comme le mieux à même de le battre: Mme Clinton en arguant de sa capacité à combattre la machine d'attaque républicaine, M. Obama en faisant valoir que son message de rassemblement a les meilleures chances d'inaugurer une nouvelle majorité dépassant le cadre strict du parti démocrate.
Vingt-quatre Etats sont en compétition au total mardi, dont 19 où républicains et démocrates voteront en même temps, y compris la Californie, New York, le New Jersey et l'Illinois.
Il s'agit de désigner des délégués pour les conventions des partis démocrate et républicain, qui désigneront formellement cet été leurs candidats respectifs à la présidentielle.
Pour l'emporter côté démocrate, il faut rafler au moins 2.025 des 4.049 délégués invités à la convention démocrate - dont 2.084 seront désignés mardi.
Côté républicain, il faut le soutien de 1.191 délégués sur les 2.380 attendus à la convention. 1.081 délégués seront choisis mardi.
AFP