Jamal Aghmani, ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle a été l'invité du Forum du Matin le mercredi 30 janvier. Sans langue de bois, il a répondu aux questions des journalistes dans un cadre convivial. Durant 90 minutes, il a fait le tour de plusieurs problématiques: dialogue social, travail temporaire, formation professionnelle, initiatives de l'emploi…
Au cours de ces réponses, le ministre a rappelé la volonté politique du gouvernement de mettre en place une approche intégrée de la problématique de l'emploi dans ses aspects liés aux relations professionnelles, à la protection sociale, à la formation professionnelle et à la gestion du marché du travail. Sur le volet du dialogue social, Aghmani a déclaré qu'il a tenu des réunions de prises de contact avec tous les dirigeants des centrales syndicales, chacune au sein de son siège.
Ces dernières ont présenté leurs doléances, qui sont actuellement en discussion. Le ministre reste confiant. La précarité en matière d'emploi, a été dénoncée par le ministre. Son message était clair: il n'adhère à aucun projet qui contribuera à créer de l'emploi sans protection des salariés. Il est même allé plus loin. Il a remis en cause l'absence de couverture sociale et médicale pour les jeunes recrutés dans le cadre de Idmaj ou Taahil durant 18 mois, voire 36 mois. Il a, par la même occasion, même pointé du doigt des sociétés d'intérim qui emploient des temporaires sans aucune couverture sociale ni médicale. Fini le temps du laisser-aller, l'heure est à un grand chamboulement dans les pratiques existantes, a-t-il laissé entendre. Toujours dans le cadre de l'intérim, Aghmani a indiqué qu'il voulait réorganiser ce secteur qui connaît beaucoup d'anarchie.
D'ailleurs, il a, depuis quelques temps, présidé les travaux de la commission tripartite sur le travail temporaire, longtemps mise en veilleuse. Des réunions avec les professionnels sont prévues prochainement pour revoir ce secteur. La formation professionnelle n'est pas en reste. Selon Jamal Aghmani, un grand travail doit être fait à ce niveau. Il y a des carences de compétence dans certains secteurs, notamment la logistique, l'offshoring…
Pour arriver à une meilleure adéquation emploi/formation, le ministre a entamé une tournée régionale pour rencontrer les opérateurs économiques, afin de connaître leurs attentes en matière de main d'œuvre qualifiée. Il déjà rencontré ceux de Tanger, d'Oujda, de Salé et bientôt, il rencontrera ceux d'autres villes. Le constat est sans équivoque: «au moment où on parle du chômage, à Tanger et à Oujda la demande dépasse l'offre. Même au niveau de Salé, les compétences sont rares et le seront davantage avec le démarrage des grands projets comme la marina, Technopolis…», a-t-il souligné. Par la même occasion, il a appelé à une refonte globale de l'enseignement. Il a également annoncé une bonne nouvelle pour les inspecteurs du travail. Le projet de statut de ce corps a été validé et entamera bientôt le processus d'adoption au sein des deux Chambres.
Le compte rendu exhaustif des “90 minutes pour convaincre” dans nos éditions de mardi prochain.
MAP