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International : Guerre au Liban: l'armée israélienne au pilori, Olmert épargné
Posté par actualitedumaroc le 31/1/2008 13:10:00 (56 lectures)

La commission d'enquête sur la guerre du Liban à l'été 2006 a mis l'armée israélienne au pilori pour ses échecs, se montrant plus indulgente pour Ehud Olmert qui échappe aux élections anticipées.


"Olmert peut désormais respirer", résumait jeudi l'éditorialiste du Yédiot Aharonot, le plus fort tirage d'Israël.

De fait, la commission d'enquête ne lui a pas demandé de démissionner et a réservé son vocabulaire le plus sévère pour l'échelon militaire.

"Une organisation semi-militaire de quelques milliers d'hommes (le Hezbollah) a tenu tête pendant plusieurs semaines à l'armée la plus puissante du Proche-Orient, qui profitait d'une supériorité aérienne totale et de moyens technologiques avancés", assène le rapport de la commission.

"Nous avons découvert de graves manquements dans les préparatifs, les prises de décision et les performances du haut commandement militaire", dit-il encore.

Il reproche aux généraux "l'inadéquation de la planification et de la réflexion stratégique", et conclut que "l'armée a échoué (...) Elle a manqué une occasion, et n'a pas apporté la victoire. C'est surtout elle qui porte la responsabilité" des carences et autres dysfonctionnements.

Forces terrestres, marine, aviation et renseignements sont passés au crible pour leur comportement lors du conflit de 34 jours qui a coûté la vie à plus de 1.200 Libanais, surtout civils, et à 160 Israéliens, en majorité militaires.

Le rapport de la commission présidée par le juge à la retraite Eliahou Winograd met le doigt sur des défaillances, tels les problèmes de coordination, le manque de connaissance véritable du terrain, l'absence de discussions préparatoires, la conduite erronée des opérations.

Le mouvement islamiste Hamas, qui a pris le pouvoir par la force dans la bande de Gaza, s'en est d'ailleurs félicité, jugeant que ce document "exposait la faiblesse et la fragilité" d'Israël et démontrait que la "résistance" payait.

Lors des hostilités, l'armée n'a pas réussi à empêcher le Hezbollah de tirer 4.000 roquettes contre le nord d'Israël, contraignant un million d'habitants à se terrer dans les abris ou à fuir vers le sud.

Le général d'aviation Dan Haloutz, alors chef d'état-major, a surtout compté sur des bombardements aériens massifs, et n'a lancé une offensive terrestre que 60 heures avant la fin du conflit après avoir tardivement mobilisé ses réservistes mal préparés et mal équipés.

Le rapport n'est cependant pas tendre pour Ehud Olmert, puisqu'il qualifie la guerre qu'il a déclenchée de "grand et grave ratage".

Selon un de ses proches, Haïm Ramon, interrogé par la radio militaire, M. Olmert se sentirait "soulagé" après avoir senti le vent du boulet, espérant à présent conforter sa majorité et se disant déterminé à exercer son mandat jusqu'à la fin de la législature, en novembre 2010.

En réponse aux critiques, le porte-parole de l'armée à Tel-Aviv s'est empressé de souligner qu'"un processus de correction des erreurs a été engagé en 2007", en même temps qu'"un programme pluri-annuel de préparatifs".

"Au Proche-Orient, impossible de minimiser les menaces pour la sécurité: il faut des crédits à la hausse pour la Défense, améliorer l'entraînement et la formation des officiers, souligner les valeurs d'engagement", affirme à l'AFP le professeur Gerald Steinberg, expert en stratégie à l'université Bar-Ilan, près de Tel-Aviv.

Pour Réouven Pedatzur, spécialiste des questions de Défense à l'Université de Tel-Aviv, "le général Gaby Ashkenazi (ndlr: l'actuel chef d'état-major), a désormais une triple tache prioritaire: préparer ses troupes aux futurs défis, relever leur moral et regagner la confiance de l'opinion".

M. Pedatzur, interrogé par la télévision publique, reproche aussi à la hiérarchie militaire d'exercer une influence prépondérante sur la classe politique "qui a trop systématiquement recours à la force, au lieu de s'interroger sur des solutions alternatives comme la diplomatie ou le dialogue".


AFP

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