L'Observateur permanent de la Palestine auprès de l'ONU, Riyad Mansour, a affirmé mercredi que la crise actuelle dans la bande de Gaza est le résultat de "politiques et de pratiques illégales, cruelles et délibérées" de la part d'Israël.
Ces pratiques comprennent la punition collective illégale de la population palestinienne à travers la fermeture totale des points de passage de Gaza, l'obstruction de l'accès à l'aide humanitaire ainsi que des attaques militaires par les forces israéliennes, a indiqué M. Mansour, lors d'un débat sur la situation au Proche-Orient, au Conseil de sécurité de l'ONU.
Il a regretté que le Conseil de sécurité n'ait pu, une fois encore, parvenir à un consensus sur la crise humanitaire qui affecte pas moins de 1,4 millions de palestiniens.
Tout en estimant que le projet de déclaration présidentielle ne suffisait pas à répondre à la situation, M. Mansour a cependant argué qu'un tel texte aurait constitué une réponse minimale de la part du Conseil face à cette crise.
En dépit d'une semaine de consultations, les Quinze ont enterré mardi un projet de déclaration sur la situation humanitaire à Gaza, en l'absence d'un consensus sur un texte qui demanderait l'arrêt immédiat de tous les actes de violence à Gaza et dans le sud d'Israël et appellerait l'Etat hébreu à respecter ses obligations aux termes de la loi internationale.
L'échec à traiter de cette question n'aidera pas à améliorer la situation sur le terrain, à faire avancer le processus de paix et n'encouragera pas la population à avoir confiance en la capacité du Conseil à traiter des questions sérieuses dont il est saisi, a-t-il ajouté.
Rappelant que la crise se poursuivait actuellement à Gaza, il a déclaré que la faim, la pauvreté et le blocus imposé à la population civile ne mèneraient jamais au calme et ne contribueraient pas à créer un environnement propice pour la paix.
Il a par ailleurs indiqué que les événements des derniers jours à la frontière entre Gaza et l'Egypte sont un signe troublant et grave de l'ampleur du désespoir et de la privation de la population civile de Gaza. Le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, Lynn Pascoe, a déclaré, de son côté, que le mois qui vient de s'écouler avait marqué le fossé séparant les espoirs placés dans le processus politique au Proche Orient et les réalités tragiques sur le terrain.
Il a évoqué la détérioration de la situation humanitaire et sécuritaire à Gaza à cause du blocus qui lui est imposé, notant que janvier a été un mois sanglant, avec 108 morts et 229 blessés du côté palestinien et trois morts et 24 blessés du côté israélien.
M. Pascoe a rappelé les préoccupations de l'ONU concernant la situation de 1,4 million de Palestiniens, dont des malades, des personnes âgées et des enfants, qui souffrent déjà d'une fermeture prolongée de la bande de Gaza.
Il a conclu qu'il est crucial que la situation retrouve le calme pour que le processus de paix au Proche Orient puisse se poursuivre dans les meilleures conditions possibles.
MAP