Le sénateur démocrate Barack Obama, engagé dans un quitte ou double dans la primaire présidentielle de Caroline du Sud samedi, a durci le ton mercredi contre les "inexactitudes" prononcées selon lui par l'ex-président Bill Clinton, qui laisse libre cours à son exaspération.
Côté républicain, le quotidien de Floride Saint-Petersburg Times a titré "Bye, Bye Rudy" en publiant un sondage qui s'il se vérifiait dans les urnes mardi sonnerait le glas des ambitions présidentielles de l'ex-maire de New York.
Alors que Rudolph Giuliani a virtuellement élu domicile en Floride depuis des mois et mise tout sur une victoire dans cet Etat, il se place à une lointaine troisième place, avec seulement 15% d'intentions de vote, loin derrière les nouveaux favoris de la course à l'investiture républicaine.
Le sénateur John McCain, qui en tant que héros de la guerre du Vietnam joue la fibre militariste, est crédité de 25% des intentions de vote, un cheveu devant l'ex-gouverneur du Massachusetts Mitt Romney (23%), qui en ces temps de crise économique table sur son aura d'homme d'affaires millionnaire.
M. McCain a marqué un nouveau point en gagnant les assemblées d'électeurs (caucus) organisées mardi en Louisiane (sud), a annoncé mercredi le parti républicain local.
Mais à l'approche de la primaire démocrate de samedi, la guerre des mots entre Barack Obama et le potentiel "Premier époux", militant en chef de la sénatrice Hillary Clinton, a battu tous les records de hargne.
"Je n'ai jamais émis la moindre plainte en public quand M. Obama a dit que Hillary n'avait pas de caractère, agissait d'après les sondages (..), quand il m'a fait assassiner (...)", s'est emporté M. Clinton lors d'un aparté avec une journaliste de CNN, avant de lui lancer "vous devriez avoir honte" - lui reprochant apparemment d'avoir relayé des critiques de M. Obama.
"Il y a dans la campagne de (Hillary) Clinton l'ancien président Clinton qui fait un tas de déclarations inexactes sur mon bilan - donc bien sûr il faut que je m'assure que ce soit rectifié", avait déclaré M. Obama le matin sur la chaîne de télévision ABC.
M. Obama est crédité en Caroline du Sud (sud-est) d'une moyenne de 12 points d'avance sur Hillary Clinton par le site internet RealClearPolitics. Mais visiblement il n'entend pas répéter l'erreur commise à la deuxième étape de la course dans le New Hampshire, où il avait payé d'une cuisante défaite sa tentation de surfer la vague de popularité qui l'avait porté à la victoire cinq jours plus tôt en Iowa.
Il sillonne sans relâche la Caroline du Sud, un Etat où la forte population noire devrait lui garantir une facile victoire, enchaînant les meetings.
A ceux qui doutent de ses compétences il a répondu lors d'une réunion à Sumter: "ils veulent que je pense et parle comme un politicien de Washington. Ils veulent me réduire à petit feu et m'assaisonner, ils veulent bouillir l'espoir que je porte".
"J'ai vu le jugement de ce pays faussé par la peur, peur des immigrés, peur des gens qui ne nous ressemblent pas. Noirs qui ont peur des Blancs, Blancs qui ont peur des Noirs. Nos politiciens ont exploité cette peur pour leurs propres desseins. Je sais combien il est difficile de changer cet état d'esprit", a-t-il dit plus tard lors d'une réunion à Dillon. "Mais j'ai une confiance illimitée dans le peuple américain", a-t-il ajouté.
Mme Clinton devait arriver en Caroline du Sud jeudi, à l'issue d'une tournée transcontinentale.
"Nous allons (d'abord) nous affronter vigoureusement, et après nous aurons un parti démocrate unifié (...), le plus important c'est de mettre un président démocrate à la Maison Blanche", a-t-elle dit.
Pour l'instant, M. Obama accuse de gros retards dans les sondages menés en Californie ou l'Etat de New York.