Les Bourses européennes repartaient en baisse mercredi en milieu de matinée, les marchés doutant d'une baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE), alors que les places asiatiques rebondissaient fortement, comme les européennes mardi.
Vers 10H45 (09H45 GMT), Paris perdait 0,65%, Londres -1,03% et Francfort -1,70%. Alors que la Réserve fédérale américaine a abaissé ses taux en urgence mardi, provoquant un fort rebond en Europe et en Asie, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a laissé entendre mercredi que l'institut européen n'avait pas l'intention de suivre l'exemple de la Fed.
"Le marché croit de moins en moins à une baisse" des taux de la BCE, a commenté à l'AFP un vendeur d'actions d'une banque européenne. Wall Street, qui avait rouvert mardi après un weekend prolongé, était parvenue mardi soir à limiter ses pertes mais avait clôturé néanmoins dans le rouge, le Dow Jones terminant en baisse de 1,06% et le Nasdaq de 2,04%.
En Asie le rebond a été général. A Tokyo, deuxième place financière mondiale, l'indice Nikkei des principales valeurs a terminé en hausse de 2,04%, après une spectaculaire dégringolade de plus de 9% au cours des deux séances précédentes. Le marché tokyoïte a progressé de jusqu'à 3,90% en tout début de journée avant de s'essouffler.
A Hong Kong, l'indice Hang Seng a bondi de 10,7%. L'indice a gagné 2.332,54 points, soit la plus forte hausse enregistrée en une journée sur cette place. Il s'était effondré de 8,65% la veille, la plus lourde chute de son histoire. A Sydney, l'indice S&P/ASX 200 a terminé la journée en hausse de 4,35% après une baisse de douze séances d'affilée, la plus longue en un quart de siècle. L'indice composite de la Bourse de Shanghaï a gagné 3,14%.
Séoul a pris 2,04%, Manille 2,68% et la Nouvelle-Zélande 0,23%. A contre-courant, Taïpeh a chuté de 2,29%. "La panique mondiale semble terminée pour le moment", a commenté Benjamin Collett, trader chez Daiwa Securities SMBC à Hong Kong. Jakarta a clôturé en hausse de 7,9%, Singapour de 4,08%. A Bombay, l'indice Sensex avait ouvert en hausse de 4,62%.
Face à la peur d'un ralentissement économique mondial, la Réserve fédérale américaine a décidé en urgence d'amputer son principal taux directeur de 0,75 point de pourcentage, à 3,50%, en soulignant les risques accrus sur la croissance économique et la détérioration continue des marchés financiers. Des responsables politiques ont applaudi l'action des autorités monétaires américaines.
"Je m'attends à ce que cela conduise à la stabilisation de l'économie américaine et mondiale. J'espère aussi que cela aura des effets positifs sur le marché japonais", a déclaré le ministre nippon des Finances, Fukushiro Nukaga.
"La baisse de 0,75 point du taux des +Fed funds+ a été appropriée et utile", a souligné le porte-parole du Fonds monétaire international (FMI), Masood Ahmed, qui a également donné sa bénédiction par avance à d'autres mesures de ce type si la situation devait continuer à se dégrader aux Etats-Unis.
Les investisseurs restaient toutefois sur leurs gardes, de nombreux nuages noirs continuant à planer sur l'économie mondiale, notaient les courtiers. "La ferme action de la Fed a commencé par soulager, mais les investisseurs doivent encore vivre avec la crainte d'une récession américaine", a estimé Kang Mun-Seong, analyste chez Korea Investment & Securities.
"Le cauchemar n'est peut-être pas fini. Les investisseurs ne sont pas complètement convaincus que l'action de la Fed empêchera l'économie américaine de glisser dans la récession, si ce n'est déjà fait", a jugé lui aussi Astro del Castollo, directeur chez First Grade Holdings à Manille.
Selon lui, la baisse des taux aux Etats-Unis pourrait accélérer l'inflation et le plan de relance de 140 milliards de dollars annoncé vendredi par le président américain George W. Bush "apparaît trop timide et trop tardif".
Trois grands journaux économiques internationaux, The Economist, le Financial Times et le Wall Street Journal se demandaient mercredi matin si la Fed n'avait pas cédé à la panique en baissant ses taux aussi fortement et rapidement.
MAP