L'annulation de l'édition 2008 du rallye-raid Dakar "équivaut pour (les) fragiles économies" de certains pays traversés à un "mini-tsunami", estime lundi le quotidien privé sénégalais Le Matin.
"En termes de manque à gagner et de lourdes pertes en retombées financières, l'annulation de ce 30e rallye équivaut, pour nos fragiles économies, à un véritable mini-tsunami", écrit le président du groupe éditant le journal dans une "note" à sa Une.
"Car ce rallye (...) faisait beaucoup plus de bien que de mal selon l'esprit de son fondateur, Thierry Sabine, mais surtout est et reste un simple sport", affirme-t-il.
Il reconnaît que la préoccupation des organisateurs de la compétition pour la sécurité des participants "est primordiale".
Cependant, estime-t-il, "céder aux menaces de Ben Laden (chef du réseau Al-Qaïda) ou d'autres terroristes, c'est comme si on leur déroulait le tapis rouge et (qu'on leur faisait) croire qu'ils peuvent triompher de toutes les mesures de sécurité prises par le Portugal, le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal réunis", pays que devaient traverser les concurrents du Dakar-2008.
Quant aux terroristes, dont des menaces ont été évoquées par les organisateurs pour justifier l'annulation de la course, ils "s'aliènent le peu de sympathie que certaines opinions à travers le monde manifestaient à leur égard, même si l'on réprouve leur méthode", indique encore le président des Editions Le Matin.
"Si (leur) implication s'avérait", explique-t-il, ils causeraient du tort à des "millions de famille subsahariennes", en les plongeant "pour certaines dans une situation de précarité et de difficultés totales."
L'organisateur du Dakar, ASO (Amaury Sport Organisation), a annoncé l'annulation du rallye le 4 janvier, à veille de son départ et pour la première fois de son histoire, pour des raisons de sécurité et des "menaces directes contre la course."
AFP