L'ex-Premier ministre pakistanaise Benazir Bhutto a été tuée, jeudi dans un attentat suicide qui a fait au moins 16 morts à la sortie d'un meeting de son parti d'opposition dans la banlieue d'Islamabad, à deux semaines des législatives.
"Selon nos informations, elle est décédée par un fragment de la bombe qui l'a apparemment touchée", a annoncé un porte-parole du ministère de l'Intérieur, Javed Cheema.
Elle avait été transportée blessée à l'hôpital, avait assuré peu avant un responsable de son parti.
"Un kamikaze a fait exploser la bombe qu'il portait sur lui alors que les gens quittaient le meeting", a précisé Javed Cheema.
Le plus meurtrier attentat avait déjà visé une manifestation du parti de Mme Bhutto le 18 octobre. Deux kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, la grande ville du sud, le retour de l'ex-Premier ministre après six années d'exil.
Mme Bhutto avait réchappé à ce double attentat parce qu'elle se trouvait à l'intérieur d'un camion blindé en tête du défilé.
Après l'attentat du 18 octobre, Mme Bhutto avait accusé à plusieurs reprises des "hauts responsables" proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d'être à l'origine de cette attaque, sans jamais le prouver.
L'ex-Premier ministre dirigeait le principal parti de l'opposition au président Pervez Musharraf, le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) depuis qu'elle lui avait tourné le dos début novembre après avoir négocié, dans un premier temps, un accord de partage du pouvoir qui lui avait permis de rentrer d'exil grâce à une amnistie mettant un terme à des poursuites pour corruption du temps où elle dirigeait le pays (1988-1990 et 1993-1996)
Agences