Le Maroc voit dans la politique européenne de voisinage (PEV) le cheminement vers le statut avancé et le moyen d'atteindre son objectif stratégique de "proximité optimale avec l'Union européenne", a indiqué le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Taieb Fassi Fihri.
"Le Maroc a démontré un intérêt véritable à la PEV, dans laquelle il voit le cheminement vers le statut avancé", a précisé M. Fassi Fihri dans une allocution lue en son nom par le secrétaire général du ministère, M. Omar Hilal, lors de l'ouverture, jeudi soir à Rabat, de la 6-ème rencontre scientifique sur les relations Maroc-Europe, organisée par l'Association Ribat Al Fath pour le développement durable et le Fondation Konrad Adenauer, sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI.
Le statut avancé ne procède point d'une tentation de singularisation ou d'un quelconque réflexe d'exclusivité. Il se veut plutôt une contribution, modeste et lucide à la fois, du Maroc à la nécessaire inflexion que devra connaître la gouvernance de l'espace euro-méditerranéen, a précisé M. Fassi Fihri.
Sur ce dernier point, le Maroc est convaincu que l'intégration maghrébine constitue un facteur déterminant et une dimension essentielle dans le partenariat euro-méditerranéen, a indiqué le ministre qui a fait part de la détermination du Royaume à "mettre cet ensemble régional au diapason des mutations intervenues sur les scènes régionale et internationale et à y promouvoir les valeurs de paix, de développement et de stabilité".
Le Maroc a été parmi les premiers pays à se féliciter du lancement de cette nouvelle politique car elle constitue une réponse appropriée à l'ambition du Royaume de propulser sa relation avec l'UE vers un statut avancé, apporte une véritable valeur ajoutée au cadre de l'association et explore de nouveaux champs de coopération, a précisé M. Fassi Fihri ajoutant que cette initiative converge avec l'engagement du Maroc et sa contribution concrète en faveur de l'établissement d'un espace euro-méditerranéen de paix, de stabilité et de prospérité partagée.
"Cette adhésion forte du Maroc à la PEV s'est concrétisée par une mise en oeuvre optimale du plan d'action que nous avons adopté dans ce cadre en juillet 2005", a-t-il dit ajoutant que pour le Maroc l'adhésion à cette politique n'a d'égal que sa conviction quant à "la pertinence de revisiter le cadre contractuel qui nous lie à l'UE, de manière à le rendre compatible avec l'extension des champs de coopération et l'élargissement du périmètre d'action".
Une telle ambition puise sa légitimité dans la convergence entre le projet de société que le Maroc est en train de construire sous la conduite active de SM le Roi Mohammed VI et les ambitions de l'UE de promouvoir, à l'échelle de son voisinage, les valeurs d'ouverture, de démocratie et de progrès, a indiqué M. Fassi Fihri.
Le ministre a également passé en revue la trajectoire riche et singulière du partenariat entre le Maroc et l'UE, précisant que les relations Maroc-UE sont fondées sur un socle idéologique fort. "Nous partageons les valeurs communes de démocratie et d'Etat de droit. Les choix du pluralisme politique et du libéralisme économique opérés par le Maroc, dès le recouvrement de son indépendance, convergent avec les grandes orientations du projet européen", a dit M. Fassi Fihri.
Cette vision de M. Fassi Fihri est partagée par le vice-président du groupe CDU/CSU au Bundestag, M. Andreas Schockenhoff, qui s'est félicité, dans son intervention, de la décision du conseil d'association Maroc-UE d'ouvrir le débat sur le statut avancé demandé par le Maroc, la qualifiant "d'important pas en avant".
Il a précisé que l'Europe et les pays du sud de la Méditerranée ont plus de points en commun que des choses qui les séparent, mettant l'accent plus particulièrement sur la nécessité d'intensifier et d'approfondir la coopération entre ces deux régions afin de pouvoir profiter ensemble des opportunités offertes par la mondialisation.
Après avoir souligné l'importance du cadre bilatéral qui régit les relations entre le l'Allemagne et le Maroc, M. Schockenhoff a indiqué que le souci premier de l'Europe est de réussir une PEV qui repose sur les fruits du partenariat et crée un espace de prospérité pour tous.
"La PEV : quel impact sur les relations Maroc-Europe" est le thème retenu pour la 6-ème rencontre scientifique de Ribat Al Fath et de la Fondation Konrad Adenauer, deux associations intimement convaincues de l'importance de la société civile dans la promotion de cette politique de rapprochement.
Le président de Ribat Al Fath a mis l'accent, notamment dans ce cadre, sur le caractère constant de la volonté du Maroc de renforcer ses relations avec l'UE, précisant que le Statut avancé traduit les acquis réalisés par le Royaume dans plusieurs domaines.
Cette rencontre, de deux jours, qui s'inscrit dans le prolongement des réflexions précédentes menées par les deux associations, a été marquée par la présence de l'ambassadeur de l'Allemagne au Maroc, M. Gottfried Hass, et de plusieurs personnalités du monde de la politique de l'université, des représentants des secteurs de production et de la société civile.
Lors des débats, les intervenants ont mis l'accent plus particulièrement sur la PEV et sa capacité à réduire les écarts entre les pays du nord et ceux du sud de la Méditerranée et à apporter des réponses fiables aux problèmes et difficultés des pays du sud, dont l'émigration, la fuite des cerveaux, la pauvreté.
MAP