Chanel a rendu vendredi un hommage appuyé à l'Amérique, avec des motifs inspirés de la bannière étoilée, et utilisé l'or et l'argent à profusion pour permettre aux femmes de briller jusqu'au bout de la nuit, dans sa collection de prêt-à-porter féminin pour l'été prochain.
Karl Lagerfeld a présenté ses créations sous la verrière du Grand-Palais, sur fond de voute céleste.
A l'unisson, les étoiles ornent les robes, les jupes-culottes ou les pantalons larges tandis que les rayures blanches et rouges strient vestes et boléros. "C'est le côté hommage à l'Amérique, parce qu'il ne faut pas oublier que sans l'Amérique, on serait fasciste ou communiste", a déclaré le couturier à l'issue du défilé.
L'argent, et dans une moindre mesure l'or, brillent sur des chaussures compensées, des mitaines, des sacs, des vestes, des chaînes qui se faufilent dans les vêtements à travers des oeillets des vêtements, tombant comme de très longs sautoirs ouverts. Un noeud papillon doré et des découpes d'or éclairent une robe longue noire.
Le couturier assume cet aspect "bling-bling" qui devrait séduire notamment la clientèle russe. C'est "comme une plaisanterie, c'est au troisième degré, c'est pas au premier", a-t-il expliqué. "Tout ça fait la Une des journaux. C'est amusant de faire un clin d'oeil à notre époque avec les éléments de notre époque".
Karl Lagerfeld propose par ailleurs un tout petit sac matelassé à accrocher à la cheville. On pourra y glisser quelques piécettes, sa carte de crédit, son rouge à lèvres ou son poudrier pour danser sans souci.
Pour le jour, il a conçu des jeans flottants, que portent aussi des hommes, et des maillots de bain en denim "traités spécialement" pour le bain. Le jean se décline aussi en vestes cintrées à épaulettes tombantes, en trench et s'associe à du tweed sur des jambes de pantalon.
La comédienne Isabelle Adjani, la chanteuse Courtney Love, l'ancien mannequin maison Claudia Schiffer, abondamment interviewé, et l'ex "Spice Girls" Victoria Beckham figuraient parmi les invités.
L'or était aussi à l'honneur chez Jean-Charles de Castelbajac, mais dans une version pop, conjugué à des aplats de couleurs primaires pour une collection intitulée "Sportacus". Ses gladiatrices en robe-T-shirt noire imprimée de l'effigie de Cléopâtre portent des couronnes de laurier dorées, dont des feuilles parsèment aussi des vestes. Un aigle à deux têtes doré s'étale sur une robe-toge rouge, l'or brille sur des parkas sans manche à capuchon, des galons, des chaînes, des ceintures, des casquettes de marin.
Le créateur propose aussi des sahariennes à 52 poches, des robes bleu-blanc-rouge en forme d'ancre, des robes à paillettes bleues et or annonçant "protect me for what I am" (protégez-moi de ce que je suis), des combi-shorts ou des trenchs en nylon coloré transparent.
La couleur se fait plus nuancée chez Sonia Rykiel, qui a livré une collection joyeuse et légère, en salopettes de maille aux poches dessinées en trompe-l'oeil, pantalons ultra-larges et paletot, trenchs jaune bouton d'or à manches évasées, twin-sets à petit flot rouge.
Les femmes portent aussi des maillots de bain en mousseline noire à plumetis, des papillons d'argent dans leurs cheveux libres, d'aériennes robes de mousseline à encolure de velours.
Les mannequins sont réapparus en dansant pieds nus à la fin du défilé, en robes de mousseline et "trucs en plumes" agités joyeusement, applaudies en cadence par un public conquis.
AFP