Le pays connaît, depuis lundi dernier, une vague de chaleur tout à fait inédite pour un mois de juillet.
Les régions intérieures sont les plus touchées par cette canicule, selon les services de la météorologie, avec des pics dépassant la barre des 50 degrés Celsius, comme ce fut le cas à Tiaret. Jusqu’à samedi, les températures vont rester plus ou moins stables d’après les prévisions météo. Selon M. Mehdi Hocine, responsable de la communication au centre de prévisions régionale d’Oran, relevant de la direction météorologique régionale Ouest, les températures prévues pour aujourd’hui à l’Ouest, baisseront de 2 à 3 degrés Celsius par rapport à celles enregistrées hier. Jusqu’à samedi 21 juillet, les températures devront rester stationnaires avec des fluctuations de 3 à 4 degrés.
Les régions sud du pays devront connaître, aujourd’hui, selon la même source, des vents Est à Nord-Est modérés à assez forts avec, à certains endroits, des soulèvements de sable. Pour les journées de vendredi et samedi, le temps sera généralement ensoleillé a indiqué M. Mehdi, avec toutefois, des cellules orageuses isolées, samedi après-midi, dans les régions intérieures notamment.
Par ailleurs, et selon les prévisions météo disponibles au centre régional d’Oran, une reprise assez remarquable serait pressentie à partir de mercredi prochain. Le thermomètre devrait, selon les mêmes sources, gagner jusqu’à 5 à 6 degrés Celsius par rapport aux températures actuelles. Ceci dit, et vu que ces prévisions sont projetées sur une durée assez longue (8 jours), la marge d’erreur pourrait donc, selon nos sources, s’avérer importante.
La vague de chaleur actuelle s’accompagne, par ailleurs, de coupures intempestives de courant comme, c’est le cas à Aïn Defla où plusieurs coupures d’électricité ont été enregistrées notamment pendant la matinée d’hier. Le chef du district de l’unité régionale de Sonelgaz de Aïn Defla, cité par l’APS, a justifié ces coupures par les opérations de délestage effectuées, ces derniers jours, pour mieux gérer la distribution de l’énergie électrique au regard de la forte demande pendant cette période, et également par des pannes imprévues causées par la canicule au réseau aérien (30.000 volts) qui alimente en électricité la ville de Aïn Defla.
Ces coupures sont la cause de nombreux désagréments tant pour les foyers que pour les administrations publiques et les commerces de services. Ainsi, un grand nombre de clients et usagers d’Algérie Poste, venus, hier matin, pour effectuer des retraits et autres opérations postales, à la recette principale de la ville de Aïn Defla, se sont retrouvés obligés de patienter des heures durant, sous une chaleur suffocante, en attendant un éventuel rétablissement du courant.
Dans les foyers, les enfants en vacances et les mères au foyer ont été privés ainsi de télévision, d’eau fraîche, et de climatisation pour certains, notamment les familles habitant des logements en préfabriqués. Par ailleurs, nombre de commerçants, notamment ceux spécialisés dans la vente de viande congelée, produits laitiers, et autres produits périssables, se sont plaints de ces coupures sans préavis qui, tout en rompant la chaîne de froid, rendent ces produits impropres à la consommation.
Les responsables du centre de prévisions régional d’Oran expliquent, par ailleurs, cette hausse des températures par la présence d’une zone de haute pression qui fait remonter des courants d’air chaud du sud du pays.
Le déclenchement d’incendies peut également, affirment-ils, contribuer à faire grimper les températures. D’ailleurs, l’incendie qui s’est déclaré, dimanche dernier, sur les hauteurs de la forêt de Temexi, dans la wilaya de Mascara, n’était toujours pas maîtrisé, hier, en dépit de l’important dispositif de lutte mis sur place par les autorités compétentes de la wilaya. La superficie ravagée serait de l’ordre de 300 ha entre arbres et broussailles. La chaleur qui s’y dégage continue à incommoder les habitants des communes limitrophes, dont certaines dépendent du territoire de la wilaya de Tiaret.
LE MERCURE A CULMINÉ À 51 DEGRÉS, MARDI, À TIARET
Avec une température au sol de 51 degrés Celsius enregistrée mardi 17 juillet, le mercure a continué de flirter avec des pics jamais atteints pour un mois de juillet.
En effet, et selon le chef de la station météorologique de Aïn Bouchekif, M. Aït Ameur Meziane, des températures très élevées sont enregistrées depuis samedi dernier atteignant au sol pas moins de 47 degrés Celsius, samedi et dimanche, et la barre historique des 51 degrés Celsius, mardi dernier. Et toujours selon ce dernier, même les températures dites « sous abri » ont atteint des niveaux élevés avec respectivement 37 et 38 degrés, samedi et dimanche.
Hier mercredi, le mercure s’est stabilisé autour de 40 degrés Celsius avec une légère brise générée par un ciel relativement dégagé. Et c’est justement un ciel couvert avec un effet de serre et un taux d’humidité élevé qui sont à l’origine de la fournaise de ces derniers jours avec un véritable couvre-feu imposé aux habitants, dès 11h du matin.
Des baisses de température de 2 à 3 degrés sont attendues à partir de vendredi sur toute la chaîne des Hauts Plateaux de l’Ouest avec des orages isolés prévus dans la nuit de vendredi à samedi, selon la station météo de Aïn Bouchekif.
La canicule de ces derniers jours n’est pas sans conséquence sur la fourniture en énergie électrique puisque 5 localités de la wilaya sont exposées à des coupures cycliques d’électricité consécutives à des températures très élevées, selon la chargée de communication de Sonelgaz.
Le marché des climatiseurs est, lui aussi, en pleine explosion à Tiaret avec une quantité très importantes de produits neufs vendus dont certains d’une capacité de 18.000 BTU pouvant atteindre la somme de 5 millions de centimes. Sur les devantures des magasins, partout à travers la ville, des glacières de différents volumes sont proposées aux passants moyennant des sommes abordables. Autre marché soumis à une forte tension, celui des eaux minérales qui se « vendent comme des petits pains » comme constaté par un citoyen dans une surface commerciale, située au centre-ville.
Au plus fort de la canicule dimanche et lundi derniers, au moins 6 personnes dont des enfants, victimes d’insolation et de déshydratation, ont été hospitalisées. Des appels à la vigilance ont été lancés à l’adresse des personnes fragiles les invitant à éviter de sortir entre 12h et 16h. Outre la chaleur « d’enfer » dont se plaignent les habitants de la capitale des Rostémides, l’autre tracas pour la population est la pénurie d’eau que vivent plusieurs quartiers à l’exemple des cités des « 40 et des 282 logements » qui pâtissent de la « sécheresse » des robinets depuis 8 jours.
Et avec la fermeture du barrage de Benkhada, principal pourvoyeur de la ville de Tiaret en eau potable et la restriction imposée par l’Algérienne des Eaux en matière d’alimentation en eau potable, à raison de 1 jour sur 3, l’été risque bien de se montrer encore plus chaud pour plus d’une ménagère tiaretie. Et dire que le mois d’août arrive à grand pas... !
A Adrar, dans le sud du pays, les températures ont oscillé autour des 49°C. Une température caniculaire même pour une wilaya du Sud qui a poussé la direction de Santé d’Adrar à lancer un appel sur les ondes de la radio locale, aux habitants de la wilaya, afin qu’ils évitent les coups de soleil, et la sortie durant les pics. Il est ainsi conseillé à la population, particulièrement les enfants, de porter des lunettes de soleil et de se protéger la tête.
La vie dans toute la région d’Adrar, qui s’étend sur une superficie de plus de 400.000 km², devient pour la majorité des habitants synonyme de souffrance et de résistance surtout pour les familles qui ne disposent pas de climatiseurs, ou celles qui ne sont pas raccordées au réseau électrique tel que les habitants de la commune de Timiaouine à 950 km du chef-lieu d’Adrar, une commune frontalière avec le Mali. Dans cette commune, l’électricité n’est disponible que 4 heures par jour seulement, de 20h à 00 h, grâce aux générateurs de la commune.
Dans la ville d’Adrar et les ksour, la vie des citoyens s’arrête entre 11h et 18h. Les boutiques ferment et la ville se transforme en un grand dortoir. Tout le monde fait la sieste ici, s’il n’y a pas de coupure de courant, ce qui est très fréquent en cette période à Adrar.
Source : Le Quotidien D’oran