M. Abdelaziz Meziane Belfkih, Conseiller de SM le Roi et président délégué du Conseil supérieur de l'enseignement (CSE) a affirmé, jeudi à Rabat, que l'évaluation du système d'éducation est un pilier essentiel de sa réforme globale initiée par le Maroc depuis l'année 2000.
Pour que cette évaluation puisse contribuer à l'orientation des politiques d'enseignement et à l'amélioration constante de la qualité de l'éducation et de la formation, il faut qu'elle soit basée sur quatre piliers. Le premier concerne l'acceptation collective de l'évaluation en tant que culture partagée et une valeur visant le développement et le progrès, ainsi qu'un domaine de la recherche scientifique spécialisée, a ajouté M. Belfkih à l'ouverture de la première rencontre annuelle de l'évaluation, organisée sous le thème "L'évaluation des systèmes d'éducation et de formation dans tous ses états".
Le deuxième pilier est l'adoption de mécanismes et d'outils d'évaluation transparents et crédibles qui prennent en compte les conditions du système d'éducation et des établissements scolaires, ainsi que les attentes des acteurs pédagogiques et des partenaires, en particulier les parents et familles des élèves, a-t-il dit, Quant au troisième pilier, a expliqué le Conseiller de SM le Roi, il porte sur l'institutionnalisation de l'échange régulier et de l'écoute interactive entre l'instance chargée de l'évaluation et les départements et établissements en charge de l'éducation et de la formation.
Et d'ajouter que le quatrième pilier de l'évaluation concerne sa capacité à contribuer au renforcement de la mobilisation autour des questions de l'école, à travers l'information des décideurs, des acteurs pédagogiques et des familles des personnes scolarisées de la réalité de l'éducation et de la formation, à même d'ouvrir un débat élargi et constructif sur les moyens susceptibles de développer et d'améliorer le rendement des établissements de l'éducation et de la formation.
M. Belfkih a rappelé que le Maroc, convaincu de l'importance de l'évaluation dans toute réforme du système d'éducation, a mis en place une instance nationale de l'évaluation qui jouit de l'indépendance auprès du CSE en tant qu'instance constitutionnelle consultative ayant une force de proposition et d'évaluation et un espace qui permet, grâce à ses composantes représentatives et spécialisées, d'échanger diverses opinions et de se référer à l'expertise en ce qui concerne les questions de l'éducation et de la formation, dans le cadre d'une ouverture permanente sur des expériences internationales pilotes en la matière.
Le ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle, M. Jamal Rhmani a, pour sa part, indiqué que la culture de l'évaluation permet au système de l'Education et de la formation de s'inscrire dans une dynamique de progrès et de contribuer ainsi au développement socio-économique du Maroc.
Le dispositif de la Formation professionnelle, composante essentielle dudit système, construit progressivement un système d'évaluation qui s'articule autour de quatre axes, à savoir l'évaluation de l'adéquation formation/emploi dans le cadre de l'approche par compétences et des établissements de la formation professionnelle privée.
Il s'agit aussi de l'évaluation du rendement externe du système par des enquêtes sur l'insertion et le cheminement professionnel des lauréats et de l'impact de la formation en cours d'emploi sur la compétitivité et la productivité des entreprises, a précisé M. Rhmani.
La Secrétaire d'Etat chargée de l'éducation scolaire, Mme Latifa El Abida a indiqué, de son côté, qu'il faut accélérer la réforme en cours qui s'inscrit dans un contexte où l'école marocaine est en tête des préoccupations de l'Etat et de l'opinion publique.
L'évaluation du système d'éducation revêt une importance capitale puisqu'elle aide à la prise de décision, a-t-elle souligné, appelant à prendre en compte l'héritage du système d'éducation en vue de conforter les réalisations et de transcender les lacunes.
Intervenant pour sa part, M. Taîb Chkili, président de l'Université Mohammed V-Souissi, a indiqué que le développement économique et social dépend largement de la promotion d'un système d'éducation et de la formation de haute qualité, ajoutant que l'évaluation exige la mise en place d'un plan d'action à court terme visant à remédier rapidement aux dysfonctionnements et d'un autre plan, à long terme, ayant pour objectif la modernisation de l'établissement scolaire.
Selon M. Abdelhak Eddoubi, président de l'Instance nationale du système d'éducation et de formation (INESEF) auprès du CSE, cette rencontre initiée par l'Instance en partenariat avec l'Université Mohammed V- Souissi, s'assigne pour objectifs de contribuer à l'appropriation d'une culture d'évaluation auprès de tous les acteurs du secteur de l'éducation et de la formation et de réfléchir sur des pratiques d'évaluation opérationnelles, pertinentes et adaptables aux spécificités du contexte marocain.
Cette rencontre s'articule autour de quatre axes : "les pratiques de l'évaluation en éducation", "la culture, les acteurs, les méthodologies et les finalités de l'évaluation", "le métier de l'évaluation" et "l'évaluation de la réussite scolaire".
MAP