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International : Irak: calme précaire à Bagdad au 5e anniversaire de la chute du régime de Saddam
Posté par actualitedumaroc le 9/4/2008 10:00:00 (89 lectures)

Un calme précaire régnait mercredi à Bagdad dans le faubourg de Sadr City, théâtre ces trois derniers jours de combats entre troupes américaines et miliciens chiites, alors que l'Irak célèbre le cinquième anniversaire de la chute du régime de Saddam Hussein.


Par ailleurs de nouvelles auditions des plus hauts responsables politique et militaire américains en Irak doivent se dérouler au Congrès à Wahington.

Six personnes ont été tuées mercredi avant l'aube à Bagdad dans le faubourg chiite de Sadr City, où s'affrontent depuis trois jours troupes américaines et miliciens chiites, a-t-on appris de source médicale. Selon cette source, six personnes ont été tuées et 15 blessées, dont des femmes et des enfants, au cours de la nuit dans Sadr City, bastion des miliciens du leader radical chiite Moqtada Sadr.

Les combats ont cependant nettement baissé d'intensité à l'aube. Seules quelques rafales intermittentes d'armes légères étaient parfois entendues. Au total, près d'une cinquantaine de personnes ont trouvé la mort à Sadr City depuis la reprise des combats il y a trois jours. Du 25 au 30 mars, des affrontements opposant les forces irakiennes, appuyées par l'armée américaine, aux miliciens sadristes avaient fait environ 700 morts selon l'ONU à Sadr City, Kadhimiyah (autre grand quartier chiite de Bagdad), ainsi que dans le port pétrolier de Bassorah (sud) et dans les principales agglomérations du sud chiite du pays.

Partout dans Bagdad, les rues étaient désertées et quasiment aucun véhicule ne circulait, à l'exception des voitures des forces de sécurité. Les autorités militaires ont imposé une interdiction de circuler pour tous les véhicules pour ce mercredi, date du cinquième anniversaire de la chute du régime de Saddam Hussein avec l'entrée des troupes américaines dans la capitale irakienne le 9 avril 2003.

Le général David Petraeus, le plus haut gradé américain en Irak, a recommandé mardi à Washington un gel d'au moins un mois et demi, à partir de juillet, du retrait des troupes américaines d'Irak, arguant que les progrès sur place étaient "fragiles et réversibles". "Je recommande que nous poursuivions le retrait des brigades de combat envoyées en renfort" comme prévu et qu'au terme du retrait (...) en juillet, nous entamions une période de 45 jours d'évaluation et de consolidation", a-t-il dit au Congrès américain.

Puis "nous commencerons un examen des conditions sur le terrain, afin de déterminer à quel moment nous pouvons recommander de nouvelles réductions" du contingent, a-t-il ajouté, sans s'engager sur un calendrier précis. "Ce n'est pas encore le moment de sortir la bouteille de champagne", a-t-il résumé, alors que les combats se poursuivaient mardi entre forces de coalition et miliciens chiites à Bagdad.

Le conflit, qui vient d'entrer dans sa sixième année, a fait plus de 4.000 morts côté américain.

L'ambassadeur américain à Bagdad, Ryan Crocker, également invité à témoigner, a assuré que l'accord en cours de négociation entre Washington et Bagdad sur le maintien des troupes américaines en Irak au-delà du 31 décembre ne "liera(it) pas les mains de la prochaine administration".

Evoquant le regain de violence des dernières semaines, après une relative accalmie, David Petraeus a souligné que l'Iran jouait un rôle "destructeur" en Irak en soutenant les milices chiites à l'intérieur du pays. Il a par ailleurs jugé que l'offensive de l'armée irakienne lancée fin mars à Bassorah (sud) contre les milices fidèles au chef radical chiite Moqtada Sadr n'avait pas été "préparée et planifiée de manière adéquate".

A Washington, David Petraeus et Ryan Crocker ont passé leur grand oral devant tous les candidats à la présidentielle américaine.

Le sénateur républicain John McCain, partisan de la stratégie de renforts mise en oeuvre en 2007, a répété qu'un retrait précipité plongerait le pays dans le chaos. La démocrate Hillary Clinton a réitéré ses critiques de la guerre en Irak en réclamant un retour rapide des "boys".

"Depuis cinq ans, on entend continuellement l'admninistration (Bush) nous dire que les choses s'améliorent", mais "chaque fois, les Irakiens échouent" à faire ce qui est attendu d'eux, a-t-elle déclaré.

Son rival démocrate, Barack Obama, qui plaide en faveur d'un "calendrier" de retrait, a appelé à fixer des critères de "succès" plus modestes en Irak et à ouvrir un dialogue avec l'Iran, dans le cadre d'un "sursaut diplomatique" visant à mettre fin à la guerre.

Le président Bush doit annoncer jeudi sa décision sur la mission en Irak.


MAP

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