Les dirigeants israélien Ehud Olmert et palestinien Mahmoud Abbas reprennent lundi les négociations en vue d'un règlement du conflit, suspendues début mars après des opérations militaires israéliennes meurtrières à Gaza.
"MM. Olmert et Abbas se retrouvent lundi à Jérusalem pour un déjeuner de travail à la résidence du Premier ministre à Jérusalem", a déclaré Mark Regev, porte-parole de M. Olmert.
La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni et l'ancien Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï qui dirigent les équipes de négociateurs participeront à ce déjeuner qui doit débuter vers 13H00 locales (10H00 GMT). La dernière rencontre entre MM. Olmert et Abbas remonte au 19 février.
Cette reprise des négociations entamées après la conférence de paix d'Annapolis aux Etats-Unis en novembre 2007 intervient après une récente visite de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice dans la région pour pousser Palestiniens et Israéliens à reprendre le dialogue. L'annonce du nouvel entretien a été faite le 31 mars par M. Abbas après une rencontre à Amman avec Mme Rice, dont l'administration souhaite parvenir à un accord de paix avant la fin du mandat du président George W. Bush, en janvier 2009.
M. Abbas avait annoncé début mars la suspension de ses rencontres régulières avec M. Olmert en raison de raids israéliens dans la bande de Gaza qui ont fait plus de 130 morts en moins d'une semaine. L'armée israélienne avait lancé le 1er mars l'opération "Hiver chaud" pour tenter de réduire les tirs de roquettes depuis le nord de la bande de Gaza contre Israël.
A la veille de cette nouvelle rencontre, M. Abbas a affirmé qu'il ne signerait pas un accord de paix à "n'importe quel prix". "Nous négocions avec sérieux et nous sommes prêts à arriver à une solution sur toutes les questions du statut final mais cette solution ne sera pas trouvée à n'importe quel prix", a-t-il dit lors d'une rencontre avec des responsables palestiniens. "Nous devons saisir la chance de parvenir à la paix, dans l'intérêt de la question palestinienne", a-t-il ajouté, réaffirmant que tout accord serait soumis à référendum.
De son côté, Mme Livni a assuré qu'Israël n'entendait pas franchir certaines "lignes rouges" sur les questions clés du conflit comme Jérusalem, les frontières et les réfugiés, qui constituent les principaux points de litige entre Palestiniens et Israéliens. "La communauté internationale doit comprendre qu'Israël a des lignes rouges sur lesquelles il n'est pas prêt à transiger", a déclaré Mme Livni, citée par la radio militaire israélienne, sans donner plus de précisions.
A Gaza, le Hamas a une nouvelle fois critiqué la tenue d'une réunion entre MM. Olmert et Abbas. Cette rencontre "contredit les affirmations de Abou Mazen (Mahmoud Abbas) qui a affirmé qu'il n'y aurait de rencontres avec l'occupation qu'après la fin de l'agression. Ces déclarations n'étaient que pure manipulation", a indiqué le mouvement dans un communiqué.
"Le Hamas rejette catégoriquement la poursuite des rencontres Abbas/Olmert car elles masquent la poursuite de la colonisation, la judaïsation (de Jérusalem) et donne une justification à la poursuite des crimes contre le peuple palestinien". Depuis le relance officielle des négociations de paix à Annapolis, aucun résultat tangible n'a été atteint entre les deux parties, qui s'accusent mutuellement de bloquer toutes avancées.
MAP